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Évaluer les performances HSE-RSE de ses fournisseurs : critères simples, outils et pièges à éviter

Évaluer les fournisseurs est devenu un réflexe. Mais évaluer sérieusement leur performance HSE-RSE reste difficile, surtout quand on veut éviter deux extrêmes : l’angélisme (“ils ont une belle politique”) et la bureaucratie (“un questionnaire de 80 questions que personne ne lit”). La bonne approche consiste à partir d’un principe simple : on n’évalue pas tout, on évalue ce qui protège réellement l’entreprise et les personnes.


Le premier critère à regarder, c’est la maîtrise des risques liés à la prestation. Un prestataire de nettoyage n’a pas les mêmes risques qu’un prestataire de travaux en hauteur, ni qu’un fournisseur de produits chimiques. Donc l’évaluation doit être proportionnée. La plupart des entreprises gagnent énormément en adoptant un scorecard court, mais ciblé : conformité réglementaire, capacité à prévenir, capacité à remonter les incidents, et culture de coopération.


Le deuxième critère, souvent sous-estimé, c’est la qualité de la preuve. Beaucoup de fournisseurs savent produire des documents. La question est : est-ce que ces documents correspondent à une réalité opérationnelle ? Un plan de prévention existe-t-il réellement sur site ? Les habilitations sont-elles à jour ? Les EPI sont-ils utilisés et adaptés ? Les sous-traitants du fournisseur sont-ils gérés ou “invisibles” ? C’est là que les audits “coaching” (courts, centrés sur la réalité) sont bien plus utiles que les questionnaires longs.


Le troisième critère est la dynamique de progrès. Un fournisseur peut ne pas être parfait, mais être excellent sur un point : il apprend, il corrige, il ne cache pas. À l’inverse, un fournisseur qui maquille, minimise, ou refuse la transparence est un risque. Le meilleur indicateur, souvent, est la façon dont le fournisseur traite un incident : est-ce qu’il cherche un coupable, ou est-ce qu’il cherche la cause racine ? Est-ce qu’il change quelque chose, ou est-ce qu’il “clôture” ?


Les pièges à éviter sont classiques. D’abord, confondre certification et maîtrise réelle : une certification peut être un bon signe, mais elle ne remplace pas l’observation terrain. Ensuite, surcharger l’évaluation : si le dispositif prend trop de temps, il sera abandonné ou contourné. Enfin, ne pas relier l’évaluation à la décision : si un mauvais score n’a aucune conséquence (plan de progrès, restriction, accompagnement, voire arrêt), l’évaluation devient un rituel vide.


La meilleure approche, surtout au démarrage, est de sélectionner un petit panel de fournisseurs critiques (ceux qui pèsent lourd en risques ou en volume), d’appliquer une grille simple, de faire un retour structuré, puis de suivre un plan de progrès trimestriel. C’est moins spectaculaire qu’un grand programme, mais c’est ainsi qu’on obtient des résultats tangibles et qu’on sécurise la chaîne de valeur.

 
 
 

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