top of page
Rechercher

PFAS : comment traduire l’interdiction progressive (dès le 1er janvier 2026) en actions achats/produits

Les PFAS (“polluants éternels”) ne sont plus un sujet réservé aux industriels de la chimie. En 2026, c’est un sujet achats, produits, conformité et réputation pour une très large partie des entreprises, y compris celles qui n’ont pas l’impression “d’en utiliser”. Pourquoi ? Parce que les PFAS se retrouvent dans des usages diffus : textiles, imperméabilisants, traitements de surface, certaines formulations, certains équipements… et que la réglementation française enclenche une interdiction progressive très concrète.


Depuis le 1er janvier 2026, sont interdits (fabrication, importation, exportation et mise sur le marché) : cosmétiques, farts de ski, et vêtements/chaussures + leurs imperméabilisants, avec une exception pour certains vêtements/chaussures de protection.  La même source officielle indique une extension au 1er janvier 2030 à “tous les textiles” contenant des PFAS, avec des exceptions (textiles techniques industriels listés par décret) et des seuils résiduels définis par décret.

Et ça ne s’arrête pas au principe : des textes d’application viennent préciser des seuils, des exemptions et des éléments opérationnels. Localtis (Banque des Territoires) explique notamment que deux décrets parus fin décembre 2025 précisent les seuils de concentration, listent des exemptions (dont textiles techniques à usage industriel, certains équipements de protection/sécurité, certains usages médicaux faute de substitution) et prévoient un délai d’écoulement de stocks de 12 mois pour des produits fabriqués avant le 1er janvier 2026.


Le piège classique : croire que “ce n’est pas mon secteur”


En pratique, une entreprise peut être concernée de trois manières :

  1. elle met sur le marché des produits concernés (marque, importateur, distributeur) ;

  2. elle achète et fournit des vêtements/chaussures ou traitements ;

  3. elle est dans une chaîne de valeur où clients et donneurs d’ordres exigent des preuves “PFAS-free”.


Même si vous ne vendez pas de textile, vous pouvez acheter des EPI, des vêtements de travail, des chaussures, des traitements d’imperméabilisation, ou gérer des stocks historiques.


La réponse “pro” : un plan en trois temps (inventory → décision → preuve)


Le premier temps, c’est l’inventaire intelligent. Pas un inventaire théorique, un inventaire orienté décision : où sont les risques PFAS dans vos produits, vos achats et vos stocks ? La difficulté, c’est que “PFAS” n’apparaît pas toujours sur une fiche technique. Il faut donc une approche achats structurée : exiger des fournisseurs une déclaration sur la présence de PFAS (et si possible sur la famille, les seuils), demander des documents de conformité, et identifier les catégories à risque (textiles traités, imperméabilisants, finitions “anti-taches”, certains polymères/traitements). C’est ici que les entreprises gagnent du temps en ciblant : on commence par les achats récurrents et les volumes/risques réputationnels.


Le deuxième temps, c’est la décision de substitution. Elle ne se pilote pas au slogan (“on remplace tout”), mais au couple risque / faisabilité. Certaines substitutions existent et sont déjà courantes ; d’autres sont techniquement plus délicates (performance, durabilité, exigences de sécurité). Localtis souligne d’ailleurs l’existence d’exemptions “en l’absence de solution de substitution” pour certains usages (notamment médicaux).  Cela doit vous inspirer une logique de gouvernance : documenter pourquoi on remplace, pourquoi on ne peut pas encore, et quelle trajectoire on se fixe.


Le troisième temps, c’est la preuve. En 2026, le risque principal n’est pas seulement “ne pas être conforme”. C’est de ne pas être capable de le démontrer quand un client, un audit, ou un contrôle questionne un produit. La preuve, c’est : cahiers des charges mis à jour, clauses fournisseurs, attestations, traçabilité des lots, gestion des stocks (notamment avec la question des produits fabriqués avant 2026 et les délais d’écoulement).


Et côté communication : rester sobre et factuel


Sur PFAS, la communication “zéro PFAS partout” est risquée si votre périmètre n’est pas maîtrisé. L’approche crédible est plus robuste : “voici les familles de produits concernées, voici notre plan, voici nos substitutions réalisées, voici nos exceptions justifiées et notre trajectoire”.


Conclusion


Les PFAS, en 2026, sont un sujet de conformité très opérationnel : interdictions dès le 1er janvier 2026 sur plusieurs catégories, extensions à venir, seuils et exemptions précisés par décret.  Les entreprises qui s’en sortent bien sont celles qui transforment le sujet en discipline achats/produits : inventaire, décisions documentées, preuves.

 
 
 

Posts récents

Voir tout

Commentaires

Noté 0 étoile sur 5.
Pas encore de note

Ajouter une note
bottom of page