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Utiliser la data pour piloter la performance sécurité : du tableau Excel aux dashboards temps réel

La plupart des organisations commencent la performance sécurité avec des chiffres simples : taux de fréquence, taux de gravité, nombre d’accidents. Ces indicateurs sont utiles, mais ils arrivent souvent trop tard. Ils disent ce qui s’est déjà produit. Or piloter, c’est éviter que ça se produise. Le vrai enjeu de la data HSE, c’est donc de passer d’une logique “constat” à une logique “maîtrise”.


Le chemin le plus réaliste se fait par maturité. Au début, un bon Excel peut suffire. Mais il doit être bien conçu : définitions stables, données comparables, et surtout des indicateurs qui aident à décider. Beaucoup de tableaux échouent parce qu’ils confondent quantité d’informations et capacité d’action. Un “pilotage” utile répond à des questions précises : où sont nos risques majeurs ? où dérive-t-on ? quelles actions sont en retard ? quelle exposition augmente ? quel site a un signal faible ? Si votre tableau ne répond pas à ces questions, ce n’est pas du pilotage, c’est de l’archivage.


Le premier progrès consiste à équilibrer les indicateurs “retard” et les indicateurs “avance”. Les accidents et maladies professionnelles restent essentiels, mais il faut aussi regarder ce qui précède : remontées de situations dangereuses, presque-accidents, résultats de visites terrain, conformité des barrières critiques (consignation, permis, vérifications), formation/habilitation à jour, qualité des analyses d’incidents, et temps de traitement des actions. Cette bascule change la culture : on ne mesure plus seulement ce qui fait mal, on mesure ce qui protège.


Ensuite vient le sujet le plus sous-estimé : la qualité de la donnée. Une entreprise peut avoir un dashboard magnifique et une donnée bancale, et donc prendre de mauvaises décisions avec beaucoup de confiance. La qualité, ici, est d’abord un sujet de définitions. Qu’est-ce qu’un “presque-accident” ? Qu’est-ce qu’une “visite sécurité” ? Qu’est-ce qu’une action “close” ? Tant que les sites ne parlent pas la même langue, le dashboard est un trompe-l’œil. La gouvernance de la donnée HSE est un vrai projet : définitions, règles de saisie, contrôles de cohérence, formation des contributeurs, et arbitrage des exceptions.


Le passage au dashboard (voire au temps réel) ne doit pas être une obsession technologique. Il doit être justifié par un bénéfice managérial. Par exemple, sur la sous-traitance et la coactivité, un suivi quasi temps réel des autorisations, des plans de prévention, des habilitations et des écarts peut réellement réduire le risque. De même, sur des sites multi-équipes, suivre en temps réel certains signaux (permis de travail, consignations en cours, coactivité) peut éviter des situations dangereuses. Mais sur d’autres sujets, le “temps réel” n’apporte rien : une revue hebdomadaire bien tenue est parfois bien plus efficace qu’un flux de données continu.


L’autre point clé est l’intégration dans la routine. Le dashboard ne doit pas être “un écran”. Il doit alimenter une discussion structurée : qu’est-ce qui dérive, pourquoi, quelle décision prend-on, et comment vérifie-t-on l’efficacité ? Les organisations matures utilisent la data pour faire de la prévention une discipline de management : moins d’opinions, plus de faits, et surtout plus de décisions.


Conclusion


La data HSE ne vaut pas pour sa sophistication, mais pour sa capacité à soutenir de meilleures décisions. Un bon pilotage sécurité n’est pas celui qui “voit tout”. C’est celui qui voit tôt, voit juste, et transforme rapidement l’information en action.

 
 
 

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