Fortes chaleurs : le “plan chaleur” devient un standard HSE (et un vrai sujet de performance)
- Marc Duvollet
- 10 janv.
- 2 min de lecture
Pendant longtemps, la chaleur au travail était traitée comme un sujet saisonnier : quelques rappels, des bouteilles d’eau, et des ajustements improvisés. Depuis 2025, le cadre change : la prévention des risques liés aux épisodes de chaleur intense est renforcée dans le Code du travail, et les mesures attendues ne relèvent plus seulement de recommandations.
Pour un dirigeant ou un manager, il est tentant de voir la chaleur comme une contrainte logistique. En réalité, c’est un sujet de sécurité et de performance. La chaleur augmente la fatigue, diminue la vigilance, favorise les erreurs et les accidents, et amplifie certains risques existants (manutention, circulation d’engins, travaux en hauteur, port d’EPI, coactivité). Le “plan chaleur” n’est donc pas une formalité : c’est une protection du collectif et de la continuité d’activité.
Le premier réflexe à adopter est d’intégrer la chaleur dans l’évaluation des risques, avec une lecture “travail réel”. Les postes concernés ne sont pas uniquement ceux à l’extérieur : ateliers mal ventilés, locaux avec machines dégageant de la chaleur, zones logistiques, cabines, interventions en toiture, maintenance, et même certains bureaux exposés peuvent être concernés. L’enjeu est de ne pas raisonner “météo”, mais “exposition”.
Ensuite, le plan chaleur doit être opérationnel, c’est-à-dire actionnable par les managers sans improvisation. Il s’agit de définir à l’avance ce qui change quand la chaleur est là : adaptation des horaires, réorganisation des tâches pénibles, pauses supplémentaires, accès à l’eau et possibilité de maintenir l’eau au frais à proximité des postes, adaptation des moyens (ventilation, ombrage, zones de récupération), consignes simples, surveillance des signaux d’alerte, et droit d’alerte effectif. Le décret prévoit notamment des exigences sur l’accès à l’eau potable fraîche et des mesures de prévention lors des épisodes de chaleur intense.
Le point critique, comme souvent en HSE, est la cohérence managériale. Un plan chaleur devient inutile si l’organisation envoie des injonctions contraires : “on applique les pauses” mais “il faut tenir le délai”. Ici, le rôle du management est de rendre l’arbitrage explicite : la protection des personnes prime, et les ajustements de planning font partie du pilotage normal. C’est aussi un signal culturel puissant : une entreprise qui protège en période de contrainte gagne en confiance, et donc en engagement.
Enfin, un plan chaleur utile se nourrit du retour d’expérience. Après chaque épisode, on fait un point court : qu’est-ce qui a bien marché, qu’est-ce qui a coincé, quels postes ont été les plus exposés, quelles mesures étaient insuffisantes, quels investissements sont nécessaires. En deux étés, une entreprise peut passer d’une gestion improvisée à une vraie maîtrise.
Conclusion
Depuis 2025, la chaleur n’est plus un sujet “à côté”. C’est un risque professionnel à intégrer, avec des mesures concrètes. Les organisations qui traiteront le plan chaleur comme un standard HSE amélioreront la sécurité… et la robustesse opérationnelle.

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