Dialogue social et RSE : faire des représentants du personnel des partenaires de la transformation environnementale
- Marc Duvollet
- 10 janv.
- 2 min de lecture
Sur le papier, la transformation environnementale est une affaire de stratégie. Dans la réalité, elle se joue dans l’organisation du travail : nouveaux gestes, nouvelles contraintes, nouveaux arbitrages. Et dès que le travail change, le dialogue social devient soit un accélérateur… soit un frein.
Beaucoup d’entreprises tombent dans un faux dilemme : “si on implique trop tôt, on va se faire bloquer” vs “si on décide seuls, on ira plus vite”. En pratique, celles qui réussissent traitent le dialogue social comme un dispositif de co-construction : un cadre clair, des données partagées, des marges de manœuvre définies.
La clé de voûte en 2026 : partager une information environnementale structurée
Dans les entreprises d’au moins 50 salariés, l’employeur doit mettre à disposition une Base de Données Économiques, Sociales et Environnementales (BDESE) au CSE. Et le volet environnemental n’est pas décoratif : il est encadré, notamment via le décret qui précise des indicateurs environnementaux devant figurer dans la BDESE (liste “supplétive” en l’absence d’accord).
Dit autrement : si vous voulez un dialogue social adulte sur la transformation écologique, commencez par la donnée partagée et compréhensible.
Passer de la “consultation” à la “coproduction”
Les représentants du personnel peuvent apporter trois contributions très concrètes :
Réalité terrain : ce qui marche réellement, ce qui dysfonctionne, les irritants, les risques.
Acceptabilité : ce que les équipes sont prêtes à faire (et à quelles conditions), comment éviter les résistances passives.
Équité : répartir les efforts (horaires, contraintes, polyvalence) sans créer d’injustice perçue.
Pour capter ces apports, il faut sortir du dialogue “au dernier moment” (quand tout est déjà bouclé). L’idéal : un cycle annuel simple, calé sur votre pilotage RSE.
Un format qui fonctionne bien : “1 objectif – 3 impacts – 5 décisions”
Quand vous présentez un projet environnemental (tri à la source, réduction énergie, changement process, achats…), structurez la discussion :
Objectif : ce qu’on vise et pourquoi
Impacts : sur le travail, sur la sécurité/santé, sur l’emploi/compétences
Décisions à prendre : ce qui est non négociable, ce qui est arbitrable, ce qui reste à co-construire
Ce format évite la réunion “fourre-tout” et met tout le monde au bon niveau : la transformation n’est pas un débat d’opinion, c’est une discussion sur des impacts et des choix.
Le point de vigilance HSE : ne pas “verdir” en dégradant les conditions de travail
Un grand classique : intensifier le tri, augmenter le réemploi, modifier les cadences… et générer TMS, surcharge, coactivité, voire incidents. L’angle HSE est votre garde-fou : chaque projet environnemental devrait avoir un mini plan de prévention associé (risques, mesures, formation, retour d’expérience).
Conclusion : le dialogue social, ce n’est pas une case – c’est un levier
En 2026, la question n’est plus “faut-il impliquer les représentants du personnel ?” mais “comment les impliquer pour gagner en qualité, en sécurité et en vitesse d’exécution ?”. Une transformation imposée peut passer… mais elle coûte cher en tensions et en désengagement. Une transformation co-pilotée progresse souvent plus vite, parce qu’elle tient sur le terrain.

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