Construire un plan de communication HSE-RSE qui parle à la fois aux dirigeants, aux managers et aux équipes terrain
- Marc Duvollet
- 10 janv.
- 2 min de lecture
La communication HSE-RSE échoue rarement parce qu’elle est mal écrite. Elle échoue parce qu’elle s’adresse à “tout le monde” de la même manière. Or les dirigeants, les managers et les équipes terrain n’ont ni les mêmes préoccupations, ni les mêmes leviers, ni le même quotidien. Un message unique finit donc par être un message flou. Et un message flou produit un résultat très prévisible : peu d’attention, peu d’appropriation, et une impression que “c’est encore une campagne”.
Un plan de communication efficace commence par un principe simple : la même démarche doit être racontée différemment selon la cible, tout en restant cohérente. Pour un dirigeant, la question centrale est la robustesse : quels risques majeurs menacent l’activité, quelles obligations deviennent critiques, quels investissements protègent, quelle réputation est en jeu, et quels indicateurs permettent de piloter sans se raconter d’histoires. Le dirigeant attend une vision synthétique et des arbitrages clairs.
Pour un manager, la question centrale est l’exécution : qu’est-ce que j’attends de mon équipe, qu’est-ce que je dois faire concrètement, comment je traite les écarts, comment je concilie sécurité, production et qualité, et comment je ne me retrouve pas seul face aux contradictions. Le manager attend des rituels, des outils simples, des exemples, et une preuve que l’organisation le soutient.
Pour les équipes terrain, la question centrale est le sens et l’équité : à quoi ça sert, est-ce que ça protège vraiment, est-ce que c’est applicable, est-ce qu’on écoute quand ça ne marche pas, et est-ce que les règles sont les mêmes pour tous (y compris intérimaires et sous-traitants). Le terrain attend du concret, du respect, et des décisions visibles.
À partir de là, la communication doit se structurer autour de preuves. Les messages qui fonctionnent sont ceux qui relient une intention à une action et à un résultat. Par exemple : “on a identifié un risque récurrent, voilà ce qu’on a changé, voilà ce qui s’améliore, et voilà ce qu’on attend maintenant.” Cette logique transforme la communication en outil de pilotage. Elle évite aussi un piège fréquent : parler beaucoup de grands engagements, et très peu des micro-changements qui rendent la prévention et la RSE réelles.
Un plan de communication HSE-RSE robuste s’appuie ensuite sur des points de contact réguliers, pas sur des “coups”. Il vaut mieux une cadence simple et stable (une info courte chaque semaine, une revue mensuelle avec résultats, un retour d’expérience partagé) qu’une grande campagne trimestrielle vite oubliée. La répétition crée la culture.
Enfin, la communication doit être reliée aux managers. Sans eux, elle ne descend pas.
Cela implique de leur fournir des formats prêts à l’emploi : une minute sécurité utilisable, un message de brief, une histoire de retour d’expérience, un visuel simple, et surtout une consigne sur ce qu’on fait quand une remontée terrain arrive. Parce que le moment de vérité, ce n’est pas le poster. C’est la réaction de l’encadrement quand quelqu’un dit : “là, on est en risque”.
Conclusion
Un bon plan de communication HSE-RSE n’est pas une production de contenus. C’est une architecture : des messages adaptés aux décisions de chacun, des preuves visibles, une cadence régulière, et une organisation qui répond aux remontées. Quand ces éléments sont en place, la communication cesse d’être un décor. Elle devient un accélérateur de transformation.

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