Adapter les compétences aux enjeux de transition écologique : construire un plan de développement des compétences “durables”
- Marc Duvollet
- 10 janv.
- 2 min de lecture
La transition écologique n’est pas un projet RSE à côté du business. C’est une transformation des métiers : achats, maintenance, logistique, conception, production, IT, RH… tout le monde est concerné. Et la compétence devient le nerf de la guerre : sans montée en compétences, vos objectifs climat/ressources resteront des intentions.
Le problème, c’est que beaucoup d’entreprises abordent le sujet par des formations “catalogue” (sensibilisation climat, fresques…) utiles mais insuffisantes. Un plan de compétences durables robuste ressemble davantage à une stratégie industrielle : on part des activités, des risques, des exigences, puis on construit une trajectoire.
Commencer par la question la plus opérationnelle : “qu’est-ce qui change dans le travail réel ?”
Avant de parler formation, posez trois questions terrain :
Quelles tâches vont disparaître (ou diminuer) ?
Quelles tâches vont apparaître (mesure d’impact, tri à la source, traçabilité, audits fournisseurs, éco-conception, sobriété numérique, etc.) ?
Quelles tâches vont se complexifier (réglementation, reporting, exigences clients, qualité des données) ?
C’est un diagnostic “poste par poste” à mener avec les managers et les opérationnels, pas une réflexion abstraite.
Un plan “durable” tient sur un triptyque : conformité – performance – engagement
Compétences de conformité : comprendre les exigences clés (déchets, substances, achats, reporting, sécurité, etc.) et savoir les traduire en procédures.
Compétences de performance : réduire l’énergie, la matière, les rebuts, optimiser les flux, choisir les bons indicateurs, fiabiliser la donnée.
Compétences d’engagement : conduire le changement, embarquer les équipes, animer des ateliers, arbitrer sans greenwashing.
Ce triptyque évite le piège classique : former tout le monde à “la sensibilisation” mais laisser les métiers sans outils pratiques.
Construire une “matrice de compétences durables” (sans usine à gaz)
Prenez 10 à 15 compétences transversales (ex. analyse cycle de vie, achats responsables, gestion des déchets, éco-conception, énergie, data environnementale, risques chimiques, conduite du changement…) et croisez-les avec vos familles de métiers.
Le résultat : une matrice simple qui dit qui doit maîtriser quoi, à quel niveau :
niveau 1 : connaître / appliquer
niveau 2 : analyser / améliorer
niveau 3 : piloter / arbitrer
Vous obtenez alors des parcours ciblés, et surtout une base pour prioriser les budgets.
Ne pas oublier l’angle HSE : la transition crée aussi des risques
Changer les procédés, introduire de nouveaux matériaux, recycler davantage, modifier les flux… peut créer des risques (chimique, incendie, coactivité, TMS, chaleur, etc.). Un plan de compétences durables solide inclut donc une lecture HSE dès la conception : c’est la condition pour éviter la “transition dangereuse”.
Mesurer l’efficacité autrement que par “heures de formation”
Le bon indicateur n’est pas le volume de formation. C’est l’impact :
diminution des rebuts, de l’énergie, des incidents environnementaux
meilleure qualité des données (moins d’erreurs, meilleure traçabilité)
réduction de non-conformités fournisseurs
progression de la maîtrise sur les postes critiques
La compétence durable est un investissement : elle doit produire un retour mesurable.

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